{"id":92,"date":"2014-11-20T21:07:04","date_gmt":"2014-11-20T20:07:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/?page_id=92"},"modified":"2021-01-03T20:35:18","modified_gmt":"2021-01-03T19:35:18","slug":"les-chantepleuriers","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/histoire-et-patrimoine\/les-chantepleuriers\/","title":{"rendered":"Les chantepleuriers"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/chantepleurs-3-site.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"  alignleft wp-image-419\" title=\"Une chantepleure\" src=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/chantepleurs-3-site-300x226.jpg\" alt=\"chantepleurs 3 [site]\" width=\"199\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/chantepleurs-3-site-300x226.jpg 300w, https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/chantepleurs-3-site.jpg 506w\" sizes=\"auto, (max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><\/a> <a href=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/chantepleurs-18-site.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"  alignright wp-image-420\" title=\"Des chantepleures\" src=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/chantepleurs-18-site-300x226.jpg\" alt=\"chantepleurs 18 [site]\" width=\"199\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/chantepleurs-18-site-300x226.jpg 300w, https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/chantepleurs-18-site.jpg 506w\" sizes=\"auto, (max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><\/a>Un agent du fisc \u00e9crit \u00e0 la fin du r\u00f4le du vingti\u00e8me, en 1777 : Il n&rsquo;y a aucune manufacture dans ce village et tous les habitants sont laboureurs, journaliers ou b\u00fbcherons qui travaillent dans les bois voisins et dans la for\u00eat de Lyons proche.<br \/>\nSur ce r\u00f4le figure un fondeur, Louis Lhermette. Les deux noms Boullanger et Lhermette figureront longtemps sur les rares \u00e9tats du si\u00e8cle suivant.<br \/>\nLa r\u00e9volution agita le village: revendication de terres soustraites par un seigneur, r\u00e9quisitions difficiles de grains, pai1le et fourrage pour venir en aide \u00e0 Darn\u00e9tal, Rouen, Grand-Quevilly, Elbeuf, Oissel et Saint-Martin du Vivier, formation d&rsquo;un comit\u00e9 r\u00e9volutionnaire de surveillance, avec Fran\u00e7ois Alexandre pr\u00e9sident ; Pierre Delesque, greffier, Tassalle, membre; exploitant des terres des \u00e9migr\u00e9s sous la surveillance du citoyen Bachelet, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9.<br \/>\nL&rsquo;industrie du cuivre progresse et devient florissante. Les premi\u00e8res listes de d\u00e9nombrement signalent une centaine d&rsquo;ouvriers, dont plus de la moiti\u00e9 au hameau du Thil. Pendant l\u2019administration de J-B Edeline, Maire, la d\u00e9lib\u00e9ration du conseil municipal du 15 mars 1835 mentionne que \u00ab&nbsp;la commune \u00e9prouve un extr\u00eame besoin sous le rapport administratif comme sous celui du commercial puisque sa population se compose en majeure partie de chantepleuriers en rapport continuel avec les quincailliers et autres marchands de Rouen, qui les font travailler et alimentent leurs ateliers, que le service de la poste soit journalier au lieu de 2 en 2 jours.&nbsp;\u00bb<br \/>\nLa formation des ouvriers \u00e9tait assez longue. Il fallait compter au moins trois ans pour y gagner sa vie. La famille \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. L&rsquo;ouvrier, en g\u00e9n\u00e9ral, savait tout faire&nbsp;: pr\u00e9parer la p\u00e2te d&rsquo;argile, mouler, fondre le cuivre, le couler, ajuster les clef \u00e0 rodage, limer et m\u00eame polir.<br \/>\nL&rsquo;atelier \u00e9tait des plus simples, une pi\u00e8ce sordide d\u00e9sign\u00e9e sous le nom de boutique, au bout de la maison d&rsquo;habitation. Au milieu d&rsquo;une grande chemin\u00e9e \u00e9tait le fourneau, puis quelques bancs, un four \u00e0 pied ou \u00e0 manivelle, plusieurs drilles pour peser et sur une petite table des al\u00e9soirs, des pinces et des limes. Les limes, outils le plus important, \u00e9taient retaill\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 usure compl\u00e8te. Au temps de la prosp\u00e9rit\u00e9, un tailleur de lime r\u00e9sidait dans le village&nbsp;: un certain Lefebvre. Mais plus tard, on les portait \u00e0 Petit Quevilly.<br \/>\nLe banc \u00e9tait l&rsquo;\u00e9tabli, il servait d&rsquo;\u00e9tau pour l&rsquo;al\u00e9sage, le rodage et le limage. C&rsquo;\u00e9tait une esp\u00e8ce de chevalet tr\u00e8s inclin\u00e9 avec une t\u00eate en bois qui servait d&rsquo;appui \u00e0 l&rsquo;objet qu&rsquo;on maintenait solidement avec le genou muni d&rsquo;une genouill\u00e8re en cuir \u00e9pais. On voyait encore une potence, des coins en bois et des mod\u00e8les \u00e9talons en cuivre.<br \/>\nLa mati\u00e8re premi\u00e8re, le cuivre, provenait de Rouen. On trouvait chez Duval, marchand de ferraille, rue de Seine, des d\u00e9bris et objets, vieux bronze, chandeliers, cl\u00e9s, brocs, crois de monument fun\u00e9raires ramass\u00e9s par les marchands de bric \u00e0 brac. On l&rsquo;achetait \u00e0 la tonne et revenait \u00e0 5 ou 6 sous le kilo.<br \/>\nL&rsquo;argile se trouvait \u00e0 peu de profondeur, sous la terre arable chaque patron avait son tas d&rsquo;argile pr\u00e8s de la maison. Les mouleuses l&rsquo;appelaient \u00ab&nbsp;l&rsquo;arzile&nbsp;\u00bb ou terre \u00e0 moule. M\u00e9lang\u00e9e avec un quart de crottin de cheval ramass\u00e9 sur le route ou dans les \u00e9curies du boucher, on pr\u00e9parait une fine p\u00e2te, de la consistance du beurre, bien homog\u00e8ne gr\u00e2ce au crottin qui emp\u00eachait le fendillement.<br \/>\nPuis le premier travail, le plus d\u00e9licat, commen\u00e7ait&nbsp;: celui des mouleuses plus adroites que les hommes. Dans des cadres en bois, sur de la poussi\u00e8re noire, elles p\u00e9trissaient au doigt la p\u00e2te dans ou sur les mod\u00e8les. A cot\u00e9, sur une vieille table, est pr\u00e9par\u00e9 un peu de charbon de bois sur lequel sont dispos\u00e9es quelques barrettes de fer formant une sorte de grill, qui recevra les moules pour le s\u00e9chage.<br \/>\nLe mod\u00e8le qui sert d&rsquo;\u00e9talon \u00e9tait quelquefois en bois, mais comme cette pi\u00e8ce \u00e9tait appel\u00e9e \u00e0 \u00eatre continuellement sur le feu pour s\u00e9chage de moule elle ne pouvait durer et on la faisait plut\u00f4t en cuivre.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/normand.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-157 size-full\" title=\"Costume normand traditionnel\" src=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/normand.jpg\" alt=\"\" width=\"93\" height=\"274\"\/><\/a>\n<\/p><p style=\"text-align: left;\">Pour une chantepleure, il fallait trois moules. Le premier correspondait \u00e0 la partie vide interne o\u00f9 devait couler le liquide. C&rsquo;\u00e9tait le noyau. Pour le faire, on remplit d&rsquo;argile une coquille qui s&rsquo;ouvre en deux parties&nbsp;; on ferme avec deux anneaux en laine. On s\u00e8che bien le tout, on retire le noyau en ouvrant la coquille et on l&rsquo;ajuste avec soin dans le second moule \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un peu de p\u00e2te qui ferme l\u2019ensemble, sauf d&rsquo;un bout o\u00f9 l&rsquo;on m\u00e9nage une petite ouverture pour la coul\u00e9e du m\u00e9tal.<br \/>\nCe second moule qui se fait en deux parties destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre rapproch\u00e9es avant l&rsquo;ajustage du noyau, pr\u00e9sente, en creux, la surface externe. C&rsquo;est dans l&rsquo;espace compris entre ces deux moules que coulait le m\u00e9tal fondu. La p\u00e2te a environ un demi centim\u00e8tre d&rsquo;\u00e9paisseur. On graisse bien le mod\u00e8le avec du suif pour emp\u00eacher le collage. On \u00e9galise la p\u00e2te avec une limette et on fait s\u00e9cher. La fili\u00e8re de l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 \u00e9tait moul\u00e9e aussi et non taraud\u00e9e. Le troisi\u00e8me moule \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 la clef. Voil\u00e0 le travail de la mouleuse achev\u00e9.<br \/>\nOn proc\u00e8de maintenant \u00e0 la fonte, en g\u00e9n\u00e9ral le samedi. La veille, un ouvrier pr\u00e9parait la p\u00e2te pour assembler les moules par groupe de quatre ou de six, suivant la grosseur des pi\u00e8ces, en m\u00e9nageant un entonnoir.<br \/>\nA trois heure du matin, \u00e0 la lueur des chandelles, le fourneau est allum\u00e9. Il ressemble \u00e0 un po\u00eale cylindre normand de l&rsquo;\u00e9poque. Il a 90 centim\u00e8tre de hauteur et est fait d&rsquo;argile et de vieilles tuiles rondes. Le combustible est le coke de gaz.<br \/>\nAu milieu, on place le creuset ou pot en plombagine import\u00e9 d&rsquo;Allemagne, dit-on, et contenant seize kilo de cuivre. Tout autour sont dispos\u00e9s les assemblages de moules que l&rsquo;on retourne, la gueulette en l&rsquo;air, quand la cuisson sera constat\u00e9e \u00e0 la couleur rouge. Dans le coin de l&rsquo;atelier, on a creus\u00e9 une petite tranch\u00e9e remplie de poussi\u00e8re noire ou poudre. On y d\u00e9pose les moules encore rouges. Alors l&rsquo;ouvrier fondeur, au moyen d&rsquo;une pince appel\u00e9e \u00ab&nbsp;happe&nbsp;\u00bb, enl\u00e8ve le creuset. On ajoute un peu de zinc pour activer la fusion et rendre la masse plus liquide. On agite le m\u00e9lange, on enl\u00e8ve la crasse et vivement, au milieu de la fum\u00e9e multicolore et lourde o\u00f9 domine le vert des vapeurs de zinc, on verse l&rsquo;alliage en fusion dans les gueulettes des moules. Un aide veille et tapote sur les parois pour que soient remplis le moindres interstices.<br \/>\nLa premi\u00e8re chaude demandait environ trois heures, les suivantes deux heures et demie. On faisait en moyenne successivement cinq chaudes. Apr\u00e8s quinze chaudes le creuset \u00e9tait inutilisable. On laissait refroidir quelques heures. Puis on brisait les moules et le robinet verd\u00e2tre apparaissait.<br \/>\nLes ouvriers les plus habiles s&rsquo;installaient sur les bancs inclin\u00e9s et polissaient \u00e0 la lime. Il fallait \u00e0 ce moment faire preuve de coup d\u2019\u0153il et de savoir faire et chaque patron poss\u00e9dait ces qualit\u00e9s. On terminait le rodage sur le tour et impr\u00e9gnait la clef de suif pour qu&rsquo;elle tourne doux sans laisser passer de liquide&nbsp;: vin, cidre, bi\u00e8re ou caf\u00e9.<br \/>\nEt la chantepleure, brillante comme de l&rsquo;or, va \u00eatre r\u00e9unie \u00e0 d&rsquo;autres par douzaines que le commissaire emportera vers Rouen emball\u00e9e dans des hottes d&rsquo;osier semblables \u00e0 celle destin\u00e9es aux harengs.<br \/>\nDe 1890 \u00e0 1905, le principal grossiste \u00e0 Rouen \u00e9tait Henri Pariset, rue de la Maladrerie, puis son fils Ren\u00e9. Les messagers entre Auzouville et Rouen furent longtemps MM Dumesnil et Mabire.<br \/>\nCertains patrons, comme Patrice Thierry, vont eux-m\u00eames jusque dans le Vexin ou d&rsquo;autres r\u00e9gions vendre leurs robinets qu&rsquo;ils portaient dans de grandes besaces de toile bleue.<br \/>\nPlusieurs articles \u00e9taient ainsi fabriqu\u00e9s sans marque de fabrique. D&rsquo;abord le robinet Normand \u00e0 longue queue, destin\u00e9 surtout au d\u00e9partement de la Manche, se vendait au poids de 4 \u00e0 7 francs l&rsquo;un. On retrouvait aussi la cannelle de Rouen plus petite, \u00e0 six pans et \u00e0 suret\u00e9 avec une clef mobile \u00e0 section triangulaire, le briscambille ou ragot tr\u00e8s court pour cafeti\u00e8re , le col d&rsquo;oie ou tournant pour lavabo ou fontaines qui se vendaient \u00e0 la douzaine de 25 \u00e0 30 francs.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/74641-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-94\" title=\"Une chantepleure\" src=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/74641-1-300x300.jpg\" alt=\"Chantepleure\" width=\"211\" height=\"211\" srcset=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/74641-1-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/74641-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/74641-1.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 211px) 100vw, 211px\" \/><\/a>\n<\/p><p style=\"text-align: left;\">La robinetterie en cuivre sans danger avait d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 la chantepleure en bois moins co\u00fbteuse que des marchands ambulants avec de longs chapelets de tous mod\u00e8les sur leurs \u00e9paules offraient dans les campagnes. Mais Auzouville eut \u00e0 lutter contre un autre proc\u00e9d\u00e9 de fabrication \u00e0 ch\u00e2ssis, la fa\u00e7on ma\u00e7on, plus rapide que celui des moules d&rsquo;argile et qui \u00e9tait employ\u00e9 dans les usines de Saumur et de Lyon. Cette concurrence et l\u2019esprit de routine dont n&rsquo;ont pas voulu sortir nos petits artisans ont ruin\u00e9 lentement leur industrie.<br \/>\nCelle-ci restait la propri\u00e9t\u00e9 de quelques familles&nbsp;: Leroy, Edeline, Delesque, Blainville, Caron, Duboc dont la vie s\u00e9dentaire expliquait le mariage entre cousins d&rsquo;o\u00f9 le dicton rest\u00e9 populaire \u00ab&nbsp;les cousins d&rsquo;Auzouville&nbsp;\u00bb.<br \/>\nPour les distinguer les sobriquets \u00e9taient nombreux. Trois vieilles familles \u00e9taient surnomm\u00e9es les Boco, les Poule les Yo. Il y avait Leroy Grosnez, Leroy Paillasse, Leroy des Mulons (cultivateur \u00e0 la grange du chemin), Leroy P\u00e9 Bon Dieu, Lenoir (Edeline) Choque Dieu, Le P\u00e9 Diable (Caron), Delesque le Begueux, Boco (Edeline), Poule (Edeline), Ploute (Edeline), B\u00e9din (Caron On\u00e9sime), N\u00e9nette (Blainville), P\u00e9re Pieu Bourdon (Legendre), Malcap\u00e9 (Edeline), la M\u00e9 Boisine et F Lefebvre. Jusqu\u2019au s\u00e9v\u00e8re abb\u00e9 Leroy qui quoique n&rsquo;\u00e9tant pas cousin \u00e9tait surnomm\u00e9 \u00ab&nbsp;le bon P\u00e9 Placide&nbsp;\u00bb.<br \/>\nRien ne distinguait ces braves ouvriers de ceux de la terre. Ils portaient le pantalon de velours, la blouse ou le tablier en toile bleue et la casquette \u00e0 pont.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/clipart\/casquette-pont.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-96\" title=\"Casquette \u00e0 pont\" src=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/clipart\/casquette-pont.jpg\" alt=\"casquette \u00e0 pont\" width=\"185\" height=\"150\"\/><\/a>\n<\/p><p style=\"text-align: left;\">D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;\u00e9t\u00e9 les jeunes faisaient la moisson mais l&rsquo;hiver ils rejoignaient les vieux et l&rsquo;on besognait durement. \u00c9tant aux pi\u00e8ces leur salaires allaient de 2,5 \u00e0 5 francs suivant leur habilit\u00e9, les mouleuses gagnaient de 2 \u00e0 3 francs. Le journalier agricole touchait \u00e0 la ferme 1,5 francs.<br \/>\nOn ne les r\u00e9glait que plusieurs fois par an, aussi le cr\u00e9dit \u00e9tait-il l&rsquo;usage. Les patrons allaient \u00e0 Rouen ou \u00e0 Paris pour se faire r\u00e9gler, mais c&rsquo;\u00e9tait avant le chemin de fer.<br \/>\nS&rsquo;ils buvaient du lait pour combattre les fum\u00e9es toxiques, le matin \u00e0 jeun, ils n&rsquo;oubliaient pas le verre de genl\u00e8vre. Une grande consommation d&rsquo;eau de vie \u00ab&nbsp;la goutte&nbsp;\u00bb se faisait \u00e0 la maison. Le petit \u00e9picier du Thil (275 habitants) allait jusqu&rsquo;\u00e0 en d\u00e9biter un hectolitre par semaine. Le cur\u00e9 d\u00e9non\u00e7ait souvent les deux plaies de la paroisse&nbsp;: l&rsquo;ivrognerie et la danse, car on aimait la danse dans la r\u00e9gion puisqu&rsquo;il y avait un ma\u00eetre de danse \u00e0 Auzouville. A la f\u00eate du 15 ao\u00fbt, sur la place la salle du p\u00e8re Levreux, violoneux, \u00e9tait pleine \u00e0 craquer.<br \/>\nLes jours de f\u00eate, les chantepleuriers prenaient part aux manifestations. Ils durent aller en 1848 voter \u00e0 Darn\u00e9tal en procession avec la croix et la banni\u00e8re. Le 8 septembre 1873, ils assist\u00e8rent au p\u00e8lerinage de Notre Dame de la Paix \u00e0 Martainville avec les habitants de Bois l&rsquo;Eveque et d&rsquo;Epreville. Dans la salle de billard du ch\u00e2teau des Lesques mise \u00e0 la disposition des familles par M Leverdier, il y avait de jolies noces de cousins. Vers 1890, le d\u00e9clin de l&rsquo;industrie s&rsquo;accentuant petit \u00e0 petit, on revient aux chantepleures en bois. De 61 ouvriers au hameau du Thil en 1841 on n&rsquo;en compte plus que 17 en 1891. certains \u00e9taient all\u00e9s vers les centres industriels et la vall\u00e9e de l&rsquo;Andelle en plein essor, d&rsquo;autres \u00e9taient retourn\u00e9s \u00e0 la terre dans les communes voisines ou \u00e0 la ferme du ch\u00e2teau des Lesques dirig\u00e9e par un cultivateur entreprenant et travailleur, p\u00e8re de 18 enfants, M Auguste Gu\u00e9rard, maire de 1870 \u00e0 1881. il cultivait 250 hectares de terre comprenant les fermes de Rainfreville et de Perriers, d\u00e9frichait des terres incultes sur les cotes avec du mat\u00e9riel perfectionn\u00e9, fouilleuses, semoir. Il poss\u00e9dait un cheptel de 30 chevaux, 65 vaches et 1000 moutons dont 100 de la race de Dishley. Il installa dans les \u00e9curies du ch\u00e2teau une distillerie d&rsquo;alcool de betteraves qui fournit du travail l&rsquo;hiver aux ch\u00f4meurs.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fouilleuse-saint-marc-le-blanc.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-95\" title=\"Une fouilleuse\" src=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fouilleuse-saint-marc-le-blanc-300x166.jpg\" alt=\"fouilleuse\" width=\"329\" height=\"182\" srcset=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fouilleuse-saint-marc-le-blanc-300x166.jpg 300w, https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/fouilleuse-saint-marc-le-blanc.jpg 524w\" sizes=\"auto, (max-width: 329px) 100vw, 329px\" \/><\/a>\n<\/p><p style=\"text-align: left;\">En 1904, l&rsquo;industriel Rouennais Ren\u00e9 Parisle acheta le mat\u00e9riel de Pascal Caron qui avait encore une dizaine d&rsquo;ouvriers et fonda un atelier \u00e0 Bueil puis \u00e0 Rouen, 2 chemin de Cl\u00e9res, en utilisant le proc\u00e9d\u00e9 fa\u00e7on-ma\u00e7on. Mais il dut bient\u00f4t fermer sa petite usine o\u00f9 fabriqua des sacs \u00e0 fruits.<br \/>\nUn de ces employ\u00e9, M Joulin, essaya de lutter encore de 1903 \u00e0 1906 \u00e0 Auzouville dans un atelier situ\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9cole des filles avec Arcade Caron, Paulin Edeline et Georges Edeline. Ce dernier continue seul quelque temps. M Joulin alla travailler \u00e0 Paris dans une usine similaire mais garda un pied \u00e0 terre au village.<br \/>\nFlorentin Lefebvre et Edmond Edeline, surnomm\u00e9 M Gros qui finit garde champ\u00eatre, furent les derniers chantepleuriers. M et Mme Goberville furent les derniers ouvriers.<br \/>\nLentement mourut ainsi cette industrie locale comme moururent celle des chandelles de suif \u00e0 Ry, des horloges dans les campagnes de l&rsquo;Aliermont, des potiers \u00e0 Martincamp \u00e0 Bully, et celle des espagnolettes \u00e0 Saint L\u00e9ger du Bourg Denis.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>D&rsquo;apr\u00e8s un texte de L\u00e9on NORMAND de septembre 1937<\/strong><\/p>\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.auzouvillesurry.fr\/wordpress\/?page_id=10392\">La fin des chantepleuriers<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un agent du fisc \u00e9crit \u00e0 la fin du r\u00f4le du vingti\u00e8me, en 1777 : Il n&rsquo;y a aucune manufacture dans ce village et tous les habitants sont laboureurs, journaliers ou b\u00fbcherons qui travaillent dans les bois voisins et dans la for\u00eat de Lyons proche. Sur ce r\u00f4le figure un fondeur, Louis Lhermette. 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